gontran

Une silhouette se déplaçait dans l'obscurité. Celle-ci pensait : « Il fait froid, j'ai faim, mon cheval est rouillé, mon épée est crevée…non l'inverse… Et  je suis fatigué ,et j'en ai marre ! »

Cette silhouette était celle d'un chevalier tout à fait banal.  Elle était grande, massive, sur un cheval, et avec des lunettes. Mis à part les lunettes, ce qui distinguait ce chevalier, c'était sa façon de se battre. Il était même réputé pour ça. De plus, si la nuit avaient été moins obscure (mais il est de notoriété public que la nuit n'est pas tellement lumineuse) , on aurait pu s'apercevoir que celui-ci était châtain. Mais le chevalier n'était pas seul, d'autres silhouettes pouvait être distinguées dans l'ombre. Deux silhouettes. Et même en temps que silhouettes, on ne peut pas dire que ces deux silhouettes-là furent des modèles de beauté. C'est dire quant à la beauté des propriétaires des silhouettes. Mais revenons à la première silhouette qui ne s'est toujours pas aperçus de la présence des deux autres silhouettes, mais qui continuait à râler : « Et puis pourquoi est-ce que l'on m'a convoqué au château de Ficel ? Je suis un piètre chevalier, et…tiens ! Deux silhouettes. Ce n'est pas bon signe. »

A ce moment précis, les deux silhouettes dont il est question depuis le début de ce paragraphe chaotique sortirent de leur cachette (à savoir des silhouettes d'arbres), et il se révéla que les propriétaires des deux silhouettes étaient vraisemblablement des brigands, et qu'effectivement, les croiser dans son champs de vision provoquait un léger haut le cœur, même au voyageur le plus aguerri. Ils ressemblaient à un croisement entre un bossu et un mort-vivant qui aurait conservé sa pilosité d'antan. Le premier était comme tassé sur lui même, au contraire du second dont la taille semblait proportionnel à sa maigreur malgré la bosse.

«_ Brave sir chevalier, commença l'un d'eux, ayez l'obligeance de nous confier votre épée, votre bourse et tout autre objet de valeur possible.

_Sinon, nous devrons vous tuer pour les récupérer. Avouez que ce serait dommage pour vous. », conclu le second, du ton le plus commerçant qu'il est possible d'adopter dans une telle situation. 

Le chevalier en question regarda son épée rouillée, soupesa sa bourse vide depuis des lustres, admira les différents objets de valeurs qu'il ne possédait pas, haussât les épaules, et balança les objets nommés aux pieds des brigands, tout en lançant un très noble « Bof, si ça peut vous faire plaisir. » Les deux voleurs, étaient relativement ébahis par si peu de résistance, et même un peu déçus. Ils auraient bien voulut le tuer, même juste un peu pour la route. Ils attendaient mieux d'un chevalier. Mais ils prirent le parti de s'enfuir avec le maigre butin, ils avaient un mauvais pressentiment…et si c'était Lui ? La terreur de tous les brigands…

« Cependant…Messieurs ? »

Ils s'arrêtèrent net…non, ce n'est quand même pas lui ?

« Si je peux me permettre une remarque… »

Leurs pensées auraient pu créer un chorale tellement elles étaient en chœur. C'est lui, j'en suis sûr, dirent-elles, mais pourquoi je ne peux pas m'enfuir, j'en ai tellement envie…C'est donc ça, SA force ?

« Si vous vous attaquez aux gens déjà pauvres, vous ne faites que les appauvrir et vous ne vous vous enrichissez pas plus pour autant… Quel est l'intérêt de votre démarche ? Oh, je comprendre que pour vous, la vie  ne doit pas être facile…mais si j'étais vous je me rendrai aux autorités, le travail d'intérêt général vous profitera mieux et… ».

Son crane fit tout à coup un bruit creux. L'un des deux brigands, le plus moche des deux, et surtout le plus vif d'esprit, l'avait assommé. C'était Lui, se dit-il, c'est Gontran le diplomate ! La terreur de toute personne malhonnête, ou même honnête. Gontran était connu, non pas pour sa technique de combat tout à fait médiocre, mais sa capacité diplomatique. Il aurait pu convaincre un moustique femelle de se rendre aux autorités pour trafique de sang. Il aurait pu faire culpabiliser un psychopathe de naissance d'avoir arraché les ailes des mouches lorsqu'il était petit. Mais il faut avouer qu'une fois sur deux, comme aujourd'hui, il se faisait assommer avant la fin de son discours. Néanmoins, personne n'en ressortais jamais indemne. D'ailleurs, les deux brigands se jetèrent dans le lac une pierre au cou deux jours plus tard, traumatisés par l'idée de peut-être avoir plongé une famille dans les dettes. Gontran ne revis jamais son épée, pour son plus grand bonheur. Il n'aimait pas la violence, d'ailleurs, s'il n'avais pas écouté sa mère, il serait devenu troubadour. Il aurait voulu être un artiste. Mais le Roi lui offrit une nouvelle épée, pour son plus grand malheur



19/01/2006
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